Platon aurait dit : “la musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée”. Et il est vrai que la musique peut être une aide pour certains mais une arme pour d’autres, une façon de contester ou d’affirmer. Les mots résonnent, la musique donne un rythme et une intensité aux propos.

Droit et musique ont souvent été alliés.
L’exemple le plus frappant reste celui les hymnes nationaux et notamment La Marseillaise. Tous les chants révolutionnaires avaient pour but des revendications et surtout de rassembler un pays,des citoyens sous une même musique. L’Union Européenne a d’ailleurs elle aussi son hymne : l’Ode à la joie de Beethoven.
On retrouve aujourd’hui cette forme de chants dans la rue à l’occasion de manifestations qui scandent des slogans, donnant ainsi un rythme et un enjeu à la marche.

Pour ce qui est de la musique populaire, on remarque que la Justice a souvent une place au sein des paroles, souvent pour être contestée.

Et s’il est un genre qui a une relation toute particulière avec la Justice, c’est bien le rap. On oublie souvent que RAP vient de « Rythm And Poetry ». La dénonciation de l’injustice et la contestation sont donc par définition, l’essence même de cette musique.

On connaît l’affection particulière que certains groupes portent aux institutions de police et aux magistrats. A ce titre, on peut tout d’abord citer Supreme NTM et le morceau « N**** la police » où l’on peut entendre : « Police machine matrice d’écervelés
Mandatée par la justice sur laquelle je pisse »

Le groupe IAM avec « Dangerous » a quant à lui pu dénoncer la censure qui a frappé certains morceaux : « Je pensais, ne même pas les effleurer, mais j'ai dû
Déchanter, quand le juge a voulu me convoquer
Ce n'était pas la première fois pour un groupe de rap
Que la censure frappe et les citations tapent »

De la musique à la plaidoirie, il n’a qu’un concours et il est arrivé qu’un rappeur devienne avocat : c’est le cas de Serge Money. Ancien disque d’or qui a entreprise des études de droit pour devenir un homme de loi.
Ce cas vient exaucer le voeu d’IAM dans son titre « Offishall » :
« Trop de noirs dans leurs bleus, d'arabes dans les clubs, de rap dans les subs,
Et pourtant nous c'qu'on veut
C’est plus d’avocats débarqués d’en bas
Des sièges au Sénat et un écran bien plus coloré que ça
Justice, peu de nous la rendent et trop la subissent »

Mais la critique du monde judiciaire n’est pas réservée au rap et à la jeunesse, loin de là. On pourra citer Georges Brassens (premier rappeur français pour certains) qui avait violemment critiqué la peine de mort : « Car le juge, au moment suprême,
Criait : « Maman ! », pleurait beaucoup,
Comme l’homme auquel, le jour même,
Il avait fait trancher le cou »

Enfin la musique dénonce les erreurs judiciaires ou en tout cas l’état de la justice.
Vient alors évidemment le titre « Here’s to You » de Joan Baez. La chanson est un hommage aux deux anarchistes italiens : Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, victimes d’un scandale judiciaire.

« Here’s to you, Nicola and Bart - A vous, Nicola et Bart
Rest Forever here in our hearts - Reposez à jamais dans nos coeurs
The last and final moment is yours - Ce dernier moment est le vôtre
That agony is your triumph » - Cette agonie est votre triomphe

Le Show Must Go On; nous continuerons donc ce tour d’horizon du droit dans les arts avec le jeux-vidéo.