C’est en cette journée de sortie du film “L’intime conviction” basé sur l’affaire Jacques VIGUIER (avec Marina FOIS et Olivier GOURMET) que nous avons décidé de vous parler cinéma. N’ayant pas vu ce dernier car nous n’avons (pas encore) droit aux avant-premières, nous nous concentrerons sur d’autres films ayant pour thème le monde du droit.




Récemment, nous avons pu voir “ Le Brio ” (avec Camélia JORDANA et Daniel AUTEUIL) qui prend place au sein du milieu universitaire, et plus particulièrement, des concours d’éloquence.

On y voit l’importance de la parole et des mots pendant la plaidoirie de l’avocat (Robert BADINTER disait bien : “Plaider c’est bander, convaincre, c’est jouir”). Son rôle en tant que défenseur est de donner une perspective différente de l’accusé(e) pour que les jurés et éventuellement le Procureur de la République (celui qui représente l’État et demande une sanction) changent d’avis.
Il n’y a pas une vérité mais plusieurs. Chaque individu a la sienne et pense qu’elle est supérieure aux autres. Le but de la rhétorique est de faire paraître sa vérité comme LA vérité. Pour l’avocat, sa vérité, c’est celle de son client et il doit, coûte que coûte la faire émerger.

Le film fait alors référence à un manuel : « L’art d’avoir toujours raison » d’Arthur Schopenhauer. Le livre montre plusieurs stratagèmes pour donner l’apparence d’avoir toujours raison.

Parmi les stratagèmes que vous pouvez utiliser : généraliser ce que dit l’adversaire pour lui donner tort, choisir des comparaisons ou des métaphores pour décrédibiliser ou encore utiliser le fameux « C’est peut-être vrai en théorie mais en pratique ça ne marche pas »

Et comment ne pas évoquer “12 Hommes en Colère” de Sidney LUMET. Véritable chef d’œuvre, c’est une des premières fois où le cinéma s’intéresse au rôle des jurés.
L’histoire est celle du procès d’un jeune homme accusé d’avoir tué son père. Peu de temps après être entrés en délibération, 11 jurés sur 12 votent pour déclarer coupable l’accusé et l’envoyer à sa mort.
Un seul, contre tous, (joué par Henry Fonda) exprime son opinion : il est impossible de décider de la vie d’un homme en moins de 5 minutes et par respect, il faut au moins discuter, débattre.




Ces jurés, dont on ne connaît jamais ni nom, ni la profession ou l’âge (en tout jusqu’à la fin du film) ne sont que des numéros. Le tribunal est un lieu où toute la société est amenée à se rencontrer, discuter peu importe son origine, son milieu social, sa religion etc...

Avec son film, Lumet a aussi souhaité montrer comment la justice est perçue par les citoyens et comment leur conception peut parfois aboutir à expédier des jugements. Un personnage veut par exemple assister à tout prix à un match de baseball, peu importe que la vie d’un jeune homme soit en jeu. Un autre voit dans l’accusé son fils, avec qui il n’a plus de contact, et redirige sa frustration et sa colère sur l’accusé pour le déclarer coupable peu importe qu’il y ait un doute raisonnable.

Pour rendre l’ambiance pesante du délibéré, le réalisateur débute le film en plaçant sa caméra au dessus des yeux avec un grand angle puis, progressivement, la caméra descend au dessous des yeux et se resserre. Cela renvoie une impression d’enfermement qui s’amplifie et finit par devenir insoutenable jusqu’à la délivrance du vote final...

Pour finir, on peut citer plusieurs autres films marquants tels que :


  • “Verdict” d’André CAYATTE, une femme enlève la femme du président de la cour d'assises afin de faire acquitter son fils

  • “Erin Brokovich”, où une femme va poursuivre des études de droit pour défendre elle-même sa cause

  • “Philadelphia”, où un sidéen est défendu par un avocat noir. Les deux, traités de manière différente par la société américaine, se retrouvent face à une discrimination générale.

Pour reprendre les termes du Terminator : « I will be back »… la semaine prochaine avec le droit et la musique.